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J
Le pcheur de truites
   Quand les bois dorment encore,/ en rpandant leurs odeurs
de champignons,/de lierre et de fougres ;/quand l'eau coule\
et  murmure  doucement ;/quand  on  entend/ trs  lgrement
tomber d'un arbre/ la feuille  la plus  lgre,/ je suis l,\
croquant  un  croton  de  pain,/assis  sur  les rochers/qui
dominent  la rivire./Je suis l,/ seul, immobile, attentif,\
chaudement vtu/ cause de l'humidit/qui monte des rives./#
Je suis l,/ma ligne  dans les remous lgers./ Et dans cette
eau un peu sombre,/se reflte la lune tremblante,/comme dans
une glace/qui jamais  ne casserait./Je suis l,/ retirant et
plongeant  alternativement/le bouchon de ma ligne,/ jusqu'au
moment o,/ d'un seul  coup,/ la canne   pche  sursaute/et
tremble  dans ma main./Et  voici que je laisse filer  un peu\
le poisson,/avant de lever  ma canne /d'un coup  sec./Alors,\
sort  de l'eau,/au bout de la ligne,/la  premire truite/qui
vient tomber dans l'herbe./Je la devine qui saute,/la saisis\
puis la mets dans le panier./#
   Et voici que les premiers oiseaux/ commencent   siffler,
au-dessus du brouillard/que le soleil va bientt chasser./#
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