Le lac qui ne gle jamais : La jeune fille
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J
La jeune fille
   Un matin de dcembre,/ alors que la bise courait/ sur les
eaux grises/ en soulevant de petites vagues nerveuses toutes
franges d'cume blanche,/il vit accoster/devant chez lui/un
long bateau bleu  que menait  un vieux  marinier  barbu./ Le
vieillard demeura/sur son banc de nage,/mais une jeune fille
d'une grande beaut descendit/ du bateau/ et se dirigea vers
l'choppe./#
   Le regard de la jeune fille tait si pur,/ ses cheveux si
blonds/ et sa taille si fine,/ que John sentit  sa gorge  se
serrer/ et son coeur battre/ comme il n'avait  jamais battu.\
   A  ces  signes,/ il comprit  tout  de suite/ qu'il  tait
amoureux./#
   Lorsque  la jeune fille  poussa/ la porte de son choppe,\
c'est  peine  s'il put lui dire bonjour/ tant il tait mu.\$
   La  jeune  fille  lui  apprit/   qu'elle  tait  l'unique
hritire/ du seigneur  qui possdait/ toutes  les terres/de
l'autre rive/et qu'elle venait  pour qu'il prt /les mesures
de  son  pied./ Elle  entendait  lui commander/six paires de
bottines,/trois paires de mules/ et des sandales pour l't.\
   Le  cordonnier,/  qui  avait  beaucoup  de  travail,/  se
demandait /comment il pourrait bien faire/ pour venir  bout\
d'une  pareille  tche,/ mais  son  moi  continuait/ de lui
paralyser la langue./ Lorsqu'il retrouva enfin/l'usage de la
parole,/ce fut pour dire,/presque malgr lui :/#
   "Belle demoiselle,/je ferai tout ce que vous voudrez,/car
je...,/je suis... /#
   - Allons,/ dit-elle,/ne soyez pas si timide./Et dites-moi
ce que vous tes."/#
   Il baissa les yeux en rougissant,/ et,/d'une voix  peine
audible,/il murmura :/#
   "Je suis amoureux de vous."/#
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